Monsanto : un accord à l’amiable à 9 milliards d’euros pour les victimes du Roundup

Monsanto : un accord à l’amiable à 9 milliards d’euros pour les victimes du Roundup

Mercredi 24 juin, le géant américain de l’agrochimie Bayer-Monsanto a annoncé qu’il dédommagerait les plaignants américains qui accusent le désherbant Roundup d’avoir causé des cancers.

C’est une décision inédite, mais en demi-teinte. Dans la soirée du mercredi 24 juin, le géant de l’agrochimie Bayer et sa filiale américaine Monsanto ont annoncé qu’ils allaient dédommager à hauteur de 9 milliards d’euros les plaignants des différents procès en cours aux États-Unis. Des milliers d’Américains accusent, en effet, le pesticide commercialisé par la société, le Roundup, d’être à l’origine de nombreux cancers.

“Là ils payent, ils se dédouanent”

Avec cet accord, toutes les poursuites contre Bayer-Monsanto sont arrêtées. De plus, le groupe pourra continuer à commercialiser le Roundup. Difficile à digérer pour les victimes du glyphosate. “L’argent, c’est important, mais ça ne fait pas tout. Je ne sais pas s’il ne manque pas, vraiment, une reconnaissance. Là ils payent, ils se dédouanent. Si Bayer avait dit : ‘Ok, on a menti, on vous a intoxiqué’, peut-être que ça aurait eu autant d’importance que l’argent”, explique Julien Gaillard, victime des pesticides et vice-président de l’association Phytovictimes.

Source : https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides/glyphosate/monsanto-un-accord-a-l-amiable-a-9-milliards-d-euros-pour-les-victimes-du-roundup_4022023.html

Trois choses à savoir sur Monsanto, cette firme controversée mais florissante

LE SCAN ÉCO – Attaqué partout sur la planète, le géant agrochimique américain aurait secrètement fiché «des centaines de personnalités» en France en fonction de leur position sur les pesticides, notamment le glyphosate, cet herbicide le plus utilisé au monde. Retour sur l’histoire de cette multinationale si décriée. Par Clémentine Maligorne Publié le 11/08/2018 à 17:04, Mis à jour le 10/05/2019 à 09:02 Aussi puissant que critiqué, Monsanto va-t-il finir par vaciller? Ce géant agrochimique américain, inventeur du glyphosate, herbicide sur la sellette en Europe pour ses conséquences sur l’environnement et la santé, est attaqué partout sur la planète. Aujourd’hui, le groupe américain refait parler de lui. Selon des documents confidentiels obtenus par France 2 et Le Monde, la firme aurait demandé à des agences de communication de compiler des données personnelles, mais aussi les positions, de deux cents personnalités – scientifiques, responsables politiques ou encore journalistes – sur les OGM ou encore les pesticides, comme le glyphosate classé cancérigène par l’OMS et commercialisé sous diverses marques, dont le fameux Roundup de Monsanto. Sous le coup de plusieurs condamnations aux États-Unis, le géant allemand de la chimie Bayer, propriétaire de la multinationale américaine depuis l’an dernier, n’entend pas arrêter la production du glyphosate, herbicide le plus utilisé au monde. Cette substance, incriminée dans plusieurs affaires aux États-Unis car soupçonnée d’être à l’origine de graves maladies de plaignants, est toujours plébiscitée par les cultivateurs pour son efficacité et son faible coût. Retour sur l’histoire de Monsanto. • Une société qui a 117 ans La société Monsanto a été créée en 1901 à Saint-Louis, dans le Missouri aux États-Unis par John Francis Queeny qui choisit le nom de famille de sa femme pour nommer son entreprise. Cette dernière a d’abord produit de la saccharine, un puissant édulcorant artificiel utilisé pour sucrer les aliments et les boissons, puis s’est lancée dans l’agrochimie à partir des années 1940. Monsanto a notamment été impliquée dans de multiples accidents industriels et scandales sanitaires, notamment concernant l’agent orange utilisé pendant la guerre du Vietnam. C’est en 1960 que Monsanto créé sa division Agriculture, spécialisée dans les engrais. En 1976, le Roundup est lancé sur le marché. Puis Monsanto met au point la première cellule de plante génétiquement modifiée avant de se spécialiser dans les OGM. Conçues pour résister au même Roundup, les premières semences génétiquement modifiées sont commercialisées à partir des années 90. Dix ans plus tard, Monsanto est devenue une société de biotechnologie à part entière. En 2000, le groupe fusionne avec Pharmacia avant de s’en séparer en 2002 et de devenir la «Monsanto Company», spécialisée dans l’agro-industrie. En quinze ans, Monsanto devient leader mondial des semences, à coups de multiples rachats. Convoitée, la firme américaine est finalement rachetée par Bayer, géant chimique et pharmaceutique. Après un an et demi de négociations, le groupe allemand vient de boucler la transaction en juin dernier déboursant près de 63 milliards de dollars pour avaler cette entreprise qui incarne, pour ses détracteurs, toutes les dérives de l’agrochimie. Une fois la mégafusion terminée, le groupe allemand a rapidement fait savoir que la marque Monsanto devrait être abandonnée. Monsanto avait lui-même autrefois songé à changer son nom. À lire aussi :Bayer boucle le rachat de Monsanto pour 63 milliards d’euros • Un poids lourd de l’agrochimie Monsanto est un groupe qui emploie aujourd’hui 20.000 personnes à travers le monde, dont quelque 500 salariés en France. Selon le rapport annuel 2017, son bénéfice net a dépassé 2 milliards de dollars, pour un chiffre d’affaires de près de 15 milliards. Parmi les marques développées par le groupe américain bien connues des agriculteurs on peut citer Dekalb (semences de maïs, colza), Seminis (semences potagères), De Ruiter (semences potagères). En outre, le groupe empoche de confortables royalties sur les brevets et licences qu’il détient. Monsanto capte au total 30% du marché mondial des OGM. Par ailleurs, Monsanto a également investi massivement dans le «big data» : la nouvelle filiale de Bayer vise le traitement de mégasdonnées, notamment les systèmes de prévisions météorologiques. Objectif: s’adapter aux changements climatiques, qui peuvent avoir des effets sur les maladies et les insectes. Et explorer les marchés encore peu exploités dans le monde, notamment l’Afrique ou l’Amérique du Sud. L’entreprise s’est également lancée dans les pesticides bio, pour s’adapter aux évolutions de l’opinion publique et des pratiques des agriculteurs. À lire aussi :Glyphosate: ces pays où l’utilisation de ce pesticide fait débat • Des produits controversés Produit phare de Monsanto, le Roundup est l’herbicide le plus utilisé au monde (25% du marché mondial des herbicides) commercialisé sous diverses marques, depuis que le brevet est tombé dans le domaine public en 2000. Ce produit contient du glyphosate, une substance controversée qui fait l’objet d’études scientifiques contradictoires quant à son caractère cancérigène. Il est aussi accusé d’être néfaste pour l’environnement et de contribuer à la disparition des abeilles, ou encore d’être un perturbateur endocrinien. Le glyphosate est au cœur de milliers de procédures aux États-Unis, à des degrés divers d’avancement. En mars, Monsanto a été lourdement condamné par un tribunal aux États-Unis à verser plus de 80 millions de dollars à un retraité malade d’un cancer qu’il attribue au Roundup. Contenant du glyphosate, ce pesticide serait, selon le plaignant à l’origine de sa maladie. En août dernier, le géant agrochimique américain avait déjà été condamné à verser près de 290 millions de dollars à un jardinier américain, Dewayne Johnson, atteint du même cancer. Cette somme a ensuite été ramenée à 78,5 millions de dollars. Le groupe pharmaceutique allemand Bayer, nouveau propriétaire de la multinationale américaine, a décidé de faire appel de ces décisions judiciaires et n’entend pas arrêter la production du glyphosate. Un autre produit de Monsanto, le Lasso (contenant de l’alachlore) a été interdit dans plusieurs pays depuis que la justice française a condamné en appel en septembre 2015 le groupe américain à indemniser un agriculteur, intoxiqué en 2004 par des vapeurs émises par cette substance. Monsanto s’est pourvu en cassation. Par ailleurs, depuis 20 ans, l’autorisation de cultures d’OGM dans l’Union européenne suscite polémiques, controverses et batailles juridiques. Aux États-Unis, des agriculteurs ont été déboutés à plusieurs reprises par la justice dans des tentatives pour contester les cultures de semences OGM de Monsanto. Source : https://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/2018/08/11/29001-20180811ARTFIG00108-trois-choses-a-savoir-sur-monsanto-cette-firme-controversee-mais-florissante.php

Monsanto : faux groupes de fermiers, vrais lobbyistes

L’unité Unearthed de Greenpeace a enquêté pendant plusieurs mois sur Bayer-Monsanto et ses pratiques de lobbying. Le résultat de leurs investigations est effarant. Retour sur cette enquête publiée en octobre 2018.

(Re)voir l’émission d’Envoyé Spécial consacrée aux scandales de Monsanto :

« Agriculture et Liberté »

C’est le nom d’un (faux) groupe d’agriculteurs français qui assurent s’être “unis pour protéger [leur] mode de vie et [leurs] moyens de subsistance” et défendre l’agriculture et la production alimentaire en France.

Scandale et Propagande

En réalité, ce groupe est composé en partie de faux fermiers. Il s’agit d’une campagne menée par Red Flag, organisation de lobby qui travaille pour Monsanto, et qui a créé ce genre d’entité dans au moins sept pays d’Europe pour “donner des informations factuelles” aux agriculteurs et aux citoyens afin qu’ils puissent se faire leur propre avis sur le glyphosate.

Leur mission ? Se présenter dans les salons et foires agricoles afin de vanter les bienfaits du glyphosate. Dans leur enquête, nos chargé.e.s d’investigation ont notamment retrouvé des témoignages d’hôtesses présentes dans certains de ces salons, qui affirment avoir été briefées pour distribuer des documents de “clarification de la vérité” sur le pesticide et à recueillir des signatures pour en défendre l’utilisation.

Bayer-Monsanto monterait ainsi de toute pièce, via le cabinet Red Flag, un groupe de lobby qu’il paierait afin qu’il agisse dans toute l’Europe dans le seul objectif de vanter les bienfaits du glyphosate, classé comme probablement cancérigène par ailleurs par le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC), agence de l’OMS. Ces agissements démontrent l’avidité du groupe, prêt à tout pour semer le doute sur la nocivité de ses produits et ainsi servir ses intérêts financiers.

Source : https://www.greenpeace.fr/monsanto-faux-groupes-de-fermiers-vrais-lobbyistes/

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